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Observation et analyse des usages de la production architecturale contemporaine : pratiques de projet et émergences de nouveaux outils et de nouvelles formes de communication
Responsable : Farid Ameziane et Jean-Michel Olive
Equipe : Farid Ameziane, Pierre David, Cyrille Faivre, Ronan Kerdreux, Stéphane Lasserre, Cécile Liger, Jean-Michel Olive, Fabrice Pincin et Stéphane Hanrot
Depuis les vingt dernières années, l’observation d’un projet de construction ou d’aménagement urbain en situation de production montre que les pratiques professionnelles ont évolué en tirant profit des évolutions technologiques mises à leur disposition tout en se trouvant également à l’origine de leur développement.
Les technologies avancées ont ainsi fourni de nouvelles solutions techniques et de nouveaux outils qui supportent de nouvelles procédures capables d'assister l'ensemble des acteurs de la filière construction. Maîtres d'ouvrage, maîtres d'œuvre, bureaux d'études et entreprises sont tour à tour producteurs et usagers d'informations. Tous souhaitent aujourd'hui développer une meilleure gestion et communication de cette information en dépassant la simple "mécanisation" des méthodes traditionnelles pour atteindre de manière durable des pratiques professionnelles avancées et performantes.
Ce thème de recherche s’intéresse donc au cycle de vie d’un édifice en construction et plus largement d’un aménagement urbain pensé sous l’angle de l’appropriation des avancées technologiques les plus récentes et sur leurs perspectives d’intégration aux pratiques et usages professionnels d’aujourd’hui et demain (co-conception, ingénierie concourante, organisation distribuée, Product Life Management, etc. ).
Qu’il s’agisse des outils classiques de CAO/DAO qui visent une interopérabilité encore non atteinte, des outils dédiés à la gestion de projet qui intègrent les technologies des réseaux et de la mobilité, des outils et méthodes de la fabrication des ouvrages élémentaires de construction, ou encore des outils de gestion et de maintenance des édifices bâtis qui intègrent des systèmes de gestion de données de grande taille, les champs disciplinaires des sciences de l’ingénieur et des sciences et techniques de l’information et de la communication sont largement investis. Dans le même temps, les questions relatives aux mutations organisationnelles et notamment aux concepts d’entreprise virtuelle ou étendue, relèvent également des sciences de l’homme et de la société.
La coopération entre acteurs est rendue nécessaire par une commande de plus en plus formalisée et contractualisée ainsi que par une complexité croissante des édifices à concevoir. C'est pourquoi les activités de conception, de production, mais également de gestion de patrimoine construit représentent les terrains d’expérimentation privilégiés de ce thème.
Les questions développées à travers les travaux de recherche réalisés couvriront les différents sujets suivants : les modèles géométriques (géométries euclidiennes et non-euclidiennes) et les modèles structurés de données associés aux maquettes 3D (normes STEP, IFC et autres modèles normatifs), l'interconnexion ou l'interopérabilité des systèmes d'information "métier", les outils d'aide à la décision, les systèmes d'information couvrant le cycle de vie des édifices, les dispositifs de simulation immersifs, les outils, techniques et langages de la réalité virtuelle, le réseau Internet et ses perspectives d’exploitation dans le domaine du travail collaboratif (certification ISO).
Le programme que nous proposons de développer, à l’aide des futurs doctorants du troisième cycle de l’ENSA-Marseille et des chercheurs d’insARTis, privilégiera les axes de recherche suivants :
Les pratiques collaboratives (co-conception, ingénierie concourante, gestion de fonctionnement et maintenance distribuée, entreprise étendue). Quels outils, quelles méthodes et quels enjeux ?
Les nouvelles formes organisationelles (groupements d’entreprises, coopérations inter-entreprises, coopérations pluri, inter et trans-disciplinaires, organisations distribuées, etc.). Quels mécanismes de génèse, quelles définitions et limites de responsabilités, quelles infrastructures de support, etc. ?
Le processus de certification ISO dans les pratiques de projet (qualité, traçabilité, performances, productivité, etc.). Le management de la qualité, les compétences de l'organisation, les outils, les méthodes et les enjeux.
Les travaux porteront sur l'observation et l'analyses de pratiques professionnelles en situations réelles pour illustrer les mutations observées dans les pratiques professionnelles étudiées. Des entretiens semi-dirigés et des enquêtes seront conduit auprès de structures professionnelles de taille et d'organisation différentes, représentatives des nouvelles formes organisationnelles et des nouvelles pratiques collaboratives. Le traitement et l'analyse des données recueillies fourniront des résultats sur la base desquels les productions scientifiques seront réalisées (communications, rapports de recherche et publications).
Les travaux de recherche, les collaborations scientifiques en cours, les enseignements et les nombreuses publications de Farid Ameziane, Stéphane Hanrot, Jean-Michel Olive et Michel Vienne notamment (cf. Liste des publications) attestent de la pertinence de ce thème dans le programme scientifique du laboratoire.
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Qualité architecturale et projet : fondements, expérimentations et applications
Responsable : Stéphane Hanrot
Equipe : Farid Ameziane, Pierre David, Cyrille Faivre, Ronan Kerdreux, Jean-Michel Olive, Fabrice Pincin, Stéphane Hanrot et François Seigneur
La question de la qualité architecturale, de sa définition comme de sa mesure, est essentielle en architecture par ce qu’elle se pose dans les différents domaines de la discipline. Celui de la pratique car chaque architecte est mis en demeure de justifier de la qualité de son projet, mais aussi parce que chaque maître d’ouvrage est amené à comparer des projets et à rechercher, sinon la meilleure qualité, du moins celle qui lui est la plus satisfaisante. Celui de l’enseignement car chaque enseignant est tenu d’évaluer la qualité des projets d’étudiants qui attendent en retour une notation équitable et une explication pour pouvoir progresser. Celui de la recherche parce que, aussi bien pour avancer dans la connaissance des objets architecturaux que dans celle des ressorts de la projettation, le chercheur doit pouvoir procéder à des comparaisons sur le corpus étudié. Cela est vrai pour les recherches expérimentales comme appliquées. Ces dernières cherchant plutôt à améliorer des dispositifs architecturaux et les stratégies et des méthodes de conception, elles doivent démontrer, pour être crédibles, quel est l’apport de qualité que l’on peut légitimement espérer de leur mise en œuvre.
Ainsi, la problématique de la qualité est centrale à la discipline architecturale et à ses différents domaines. Elle l’est aussi pour la transdisciplinarité avec les disciplines techniques, sociales ou artistiques qui ont à faire avec le cadre de vie de l’Homme et que l’architecture mobilise. Comment, en effet, hiérarchiser et intégrer des points de vue aussi différents dans un processus de projet, au sein de l’équipe de maîtrise d’œuvre ?
C’est cette problématique qu’abordera ce thème de recherche pour les quatre années à venir, à la fois dans sa spécificité disciplinaire, mais aussi dans ses dimensions transdisciplinaires. Cette ambition transdisciplinaire s’inscrit naturellement dans l’esprit de l’équipe insARTis tel qu’il a été décrit précédemment.
Ceci posé, nous ne partirons pas de rien. Sur la base de l’hypothèse que l’évaluation de la qualité architecturale ne peut pas être absolue mais seulement relative aux points de vue des acteurs (architectes et autres) qui se prononcent, nous avons développé un corpus théorique et un modèle d’évaluation et de comparaison des points de vue de ces acteurs.
Ce modèle, qui a été présenté en détail, est issu et a permis - selon un mode itératif de recherche mené ces quatre dernières années – des approches expérimentales dans différents registres. Il nous a permis, par exemple, de mener des études systématiques sur des corpus de cas et de comparer par exemple les écarts de points de vue entre l’architecte et les usagers d’un édifice, et à partir de là de révéler les aspects qui posent problèmes et de comprendre leurs natures. Il nous a permis aussi de comparer les champs de compétences que s’attribuent les acteurs de la maîtrise d’oeuvre entre eux (architectes et ingénieurs) et d’identifier la nature des conflits et des incompréhensions professionnelles.
Dire que ces travaux ont épuisé notre problématique serait abusif évidemment. Au mieux ils montrent que l’hypothèse est féconde et que le modèle présente une certaine pertinence. Il convient donc, dorénavant, de les mettre à l’épreuve de façon plus large et systématique et d’en affiner les fondements.
Le programme de recherche que nous proposons de développer, à l’aide des doctorants de l’ENAU, des futurs doctorants du troisième cycle de l’ENSA-Marseille et des chercheurs d’insARTis, abordera trois types de recherches. Les recherches expérimentales porteront sur les objets architecturaux et mobiliseront le projet comme modalité d’expérimentation : recherches par le projet. Les recherches appliquées s’intéresseront aux méthodes d’évaluation du praticien pour mesurer l’utilisation possible du modèle en situation concrète : recherches pour le projet. Sous un angle plus fondamental, nous chercheront à inscrire mieux ce modèle et l’hypothèse qui le sous-tend, d’une part dans le corpus théorique de l’architecture, et, d’autre part, dans les domaines du calcul statistique, de l’interview, de l’analyse multicritères et de l’analyse de la valeur. Ceci pour en assurer les fondements et pour en développer les performances.
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Faire projet ensemble
Responsable : Ronan Kerdreux et Fabrice Pincin
Equipe : Farid Ameziane, Marc Aurel, Bernard Boyer, Frédérique Entrialgo, Ronan Kerdreux, Cécile Liger, Jean-Michel Olive, Fabrice Pincin
La collaboration, au sein d’un même projet, de créateurs issus de disciplines et d'approches différentes n’est pas récente. Elle se pose pourtant aujourd'hui avec une certaine acuité. D'une part, formations, corpus référentiels, statuts et identités sociales distinctes ont de fait, contribué à une disjonction des acteurs de la création, sur la base de champs «de compétences» jugés antagonistes, ou d'enjeux de pouvoirs et de responsabilités fortement hiérarchisés.
D'autre part, les outils numériques de conception et de communication, en mettant sur un même plan interaction et superposition des approches et des regards facilitent et renforcent l’échange et le travail collaboratif, rénovant également les frontières entre création et réalisation.
« Sur le terrain », la complexification et peut-être la sophistication des projets nécessite la réunion de compétences toujours plus nombreuses et spécialisées. La fréquence de ce type de collaborations transversales pose donc avec plus d’acuité la question de l’interdisciplinarité et de la transdisciplinarité.
Ce questionnement, alimenté par nos pratiques personnelles (architectes, ingénieurs, designers, artistes), qu’elles soient empiriques, théoriques ou pédagogiques, mais aussi par les dialogues esquissés avec des créateurs dont la pratique professionnelle expérimente ces interactions (architecture - danse - musique ; arts visuels - architecture ; design - urbanisme ; performance - projet hypermédia...) constitue à nos yeux, un axe de recherche porteur de perspectives fécondes1.
Nous nous proposons entre autre d’exploiter les sources issues d'entretiens ouverts et semi directifs avec des créateurs (nous croyons peu il est vrai, au discours ex-cathedra, pour le connaître souvent « re-dessiné ») pour appréhender la poïétique du projet.
Nous supposons que cette poïétique n'est pas un procédé linéaire, qu'elle fait l'objet de moments « resserrés » et d'autres plus ouverts, au cours desquels les acteurs partagent puis s'approprient, collaborent ou décident, attendent ou dirigent. Les prémisses en particulier nous intéressent autant que le processus engagé, les méthodes autant que les résultats et les échecs autant que les succès.
La mesure est subtile : il s'agit de repérer, pointer « ce presque rien ou ce je ne sais quoi » qui fait que le tout est parfois plus que la somme des parties, que la construction d'un co-savoir alimente la culture des prémisses et que le « gain » (ou supplément d'âme) vient autant du facteur humain que du projet lui-même.
Nous poursuivons depuis quelques temps des expériences pédagogiques reposant sur des rencontres d’ateliers de projets, issus de structures et de lieux différents2. L'analyse de ces situations est de nature à alimenter la pratique de l'enseignement, en étant par exemple plus précis et plus exigeant dans l’articulation des phases de projet et dans la combinaison des approches et des cultures d’étudiants d'origine variées et complémentaires (architecture, ingénierie, design et art).
L’objectif est une meilleure connaissance du processus de création transdisciplinaire au sein duquel la notion « faire projet ensemble » demeure centrale et identifiable.
Cette connaissance sera sans doute liée à des projets ponctuels mais s'attachera aussi à instaurer une situation collaborative sur le long terme. Une attention toute particulière sera portée aux outils supports de communication et de collaboration, attention qui devrait permettre de pondérer leur capacité à réévaluer, modifier et amplifier les situations, à la fois entre, à travers et au-delà de toute discipline.
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